« Ma famille a toujours été propriétaire de terres dans la région du Molise, en Italie.

Si vous ne connaissez pas cette région, soyez sans crainte, je vous assure qu’elle existe!

Nous n’avons pas de grandes propriétés, mais assez pour savoir, dès notre jeune âge, que pour faire de la farine ça prend du blé, que la tête des tournesols bouge réellement pendant la journée et que chaque saison a ses fruits.

Chez nous, l’huile d’olive n’était pas conservée dans des bouteilles. On avait des barils. L’odeur de l’huile envahissait toute la maison et avait quelque chose de magique. J’aurais pu me baigner dans l’huile d’olive! Et presque tout chez moi se soignait avec cet or liquide.

Je me souviens de mes grands-parents qui allaient arroser le potager chaque soir à la masseria (ferme). Il y avait toutes sortes de fruits et légumes, et je n’avais pas la maturité pour les apprécier. Je me souviens de ma surprise quand j’avais découvert qu’on possédait une terre avec des pommes de terre. Quoi? Les pommes de terre ne poussent pas dans les arbres? Il faut les déterrer? Ça alors! Je me souviens aussi quand le père d’une amie avait demandé à mes parents la permission d’aller cueillir des champignons dans notre bois. Je me sentais vraiment « hot »!

Mon grand-père était un grand fan d’asperges. Il revenait parfois avec des seaux pleins d’asperges sauvages. Il m’a appris très jeune à les localiser et à les cueillir. Mais je ne les aimais pas. Ma mère prenait des vacances pour aller cueillir des olives. Et la rapidité de mon père à grimper dans les arbres sans échelle!… Ma sœur et moi n’aimions pas ça : nous étions de jeunes citadines.

Le temps passe. Mes grands-parents ne sont plus là. Ma mère ne prend plus de vacances pour aller cueillir les olives et mon père ne grimpe plus dans les arbres. Ma sœur n’aime toujours pas ça.

Quand mes parents nous ont annoncé que les terrains allaient être vendus, j’ai senti un coup au cœur. Pendant des générations, des femmes et des hommes sans éducation et avec des moyens beaucoup plus restreints que les nôtres ont gardé ces terres et les ont transmises jusqu’à moi. Comment tout ceci pouvait-il s’arrêter avec moi? Non, ces terres allaient rester avec nous.

Je suis temporairement la propriétaire de mes terres, mais je suis consciente que les fleurs, les plantes, les animaux et les oiseaux qui s’y trouvent ne sont pas à moi. Les oliviers étaient là avant ma naissance et ils vont rester là après mon passage sur terre.

J’adore cette citation : « La Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la Terre. » Ce que je possède en réalité, c’est le choix et la responsabilité qui vient avec la terre que j’ai reçue.

Mon choix est fait. Maintenant, c’est moi qui grimpe dans les oliviers sans échelle. Maintenant, c’est moi qui cherche des champignons dans mon bois… même si je ne les cueille pas parce que je ne les connais pas. Et si je vois une plante qui m’indique la présence des asperges, je pense à mon grand-père et, aujourd’hui, je les aime, les asperges.

Je choisis de reprendre ces terres et de les faire prospérer. C’est le plus beau signe de reconnaissance que je peux démontrer à mère Nature, à ma famille et… à mes filles.

Même si je sais qu’aujourd’hui elles n’aiment pas les asperges, ne démontrent aucun intérêt pour venir cueillir les olives et ne se posent pas la question d’où viennent les pommes de terre, je suis heureuse de leur transmettre certaines valeurs. Elles feront leur choix, comme moi j’ai fait le mien.

C’est ça, MonOlivier, pour moi. C’est d’être connectée avec ces gens qui m’ont précédée et d’être le témoin actuel pour passer le flambeau à mes filles, si elles le voudront. Mon idée n’a jamais été de vendre des caisses d’huile d’olive pour le plaisir de vendre. Mon plaisir est de partager ces émotions avec les gens qui sont disposés à comprendre ce que cela veut dire. Des gens qui apprécient un olivier centenaire autant que moi. Et des gens qui, lorsqu’ils utilisent notre huile d’olive, ressentent la même fierté… parce que ce ne sont plus « mes » arbres, mais « nos » arbres. »

Avec Mon Olivier, je désire offrir l’opportunité de parrainer un olivier, de le choisir, de suivre son évolution, de se rapprocher du travail fait dans l’oliveraie par le biais d’informations et pour finalement en récolter l’or liquide.

Nancy Rossi
Propriétaire de l’oliveraie et présidente de MonOlivier